Le propos de ce numéro spécial des Lettres romanes est de mettre en rapport la singularité de l'écriture de Maurice Blanchot et la littérature en tant que questionnement sur son essence. Cinq motifs y sont étudiés : La fiction. L'espace de la fiction est pour Blanchot un absolu, sans constituer pour autant un monde à part entière. Comment Blanchot (dé-)construit-il l'espace de la fiction ? Avec quels éléments ou à l'aide de quelles stratégies ? Scène(s) primitive(s) ? La singularité de l'écriture dans la fiction se caractérise notamment par le retour d'images telles que celle de la femme, des animaux, des lieux et de la mort. Quelle est la portée de ce retour ? En quoi ces images ou leur retrait singularisent-elles l'écriture de Blanchot ? L'expérience. Blanchot a rendu familière l'idée que la littérature est une expérience dans le sens fort du terme. Comment la notion d'expérience s'interprète-t-elle à partir de ses romans et de ses récits ? Quelle sorte de transformation s'y produit-il ? La réflexion. L'oeuvre fictionnelle de Blanchot se caractérise par un haut degré de réflexivité portant sur les conditions de l'écriture. Comment cette réflexion s'articule-t-elle et de quelle façon (dé)réa-lise-t-elle la compréhension de la fiction ? La lisibilité. Les romans et récits de Blanchot entraînent le lecteur dans une dérive qui le met sans cesse en avant ou en arrière de sa lecture. À déjouer et déplacer sans cesse les limites de la com¬préhension, cette production fictionnelle met le lecteur au défi : à quel mode d'écoute nous invite une telle oeuvre ? La plupart des textes publiés ont d'abord été présentés lors d'un colloque international orga¬nisé par Arthur Cools, Christophe Halsberghe et Michel Lisse à l'Université catholique de Louvain (Louvain-la-Neuve) du 16 au 18 mars 2005.